C’est noté ?

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Les deux applications que j’utilise le plus dans le cadre de ma thèse sont Tinderbox et Scrivener. Je vous explique pourquoi. L’utilisation que je fais de Tinderbox est assez simple : je prends des notes (idées, raisonnements, réflexions, etc.) et des notes de lectures (citations à commenter, références de références, idées à retrouver ultérieurement, concepts, définitions, etc.). Je dispose donc de deux fichiers dans lesquels je dépose, çà et là, ce que je peux trouver de pertinent pour mon travail de thèse. Quant à Scrivener, je m’en sers pour organiser les données que je collecte au moyen de Tinderbox. J’ai créé pour cela un fichier dans lequel j’insère ces différentes données dans un plan provisoire. Ce plan est constitué de sections, de sous-sections et de sous-sous-sections auxquelles j’attribue des titres également provisoires et dans lesquelles j’insère les notes rassemblées avec Tinderbox. Une idée de ce processus sur le schéma ci-dessous.

 

tbx-scrivener

 

L’intérêt de travailler avec Scrivener réside dans sa flexibilité. Contrairement à la plupart des logiciels de traitement de texte classiques, Scrivener permet en effet de modifier à la volée chaque section du plan en substituant des parties les unes aux autres. J’ai déjà donné une idée de ce processus en images animées à travers la petite vidéo suivante. L’organisation de ce plan temporaire étant (provisoirement) arrêtée, j’imprime l’ensemble de ce plan et je procède alors aux corrections manuscrites qui s’imposent (feutre rouge de rigueur). Puis, j’effectue les corrections numériques apportées à cette première esquisse de plan qui, dans l’entre-deux, a encore été modifiée. En résumé, le principe qui préside à ce processus est donc le suivant : je ne me contente pas d’archiver mes notes de lectures. J’en classe certaines aussitôt dans un plan dont la structure émerge pas à pas, à la faveur de ce travail d’accumulation des notes. 

 

 

C’est fléché ?

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Si j’établis une liste des applications et des procédures que je mobilise lors de mes lectures de thèse, j’obtiens le « workflow » (ou flux de travail) suivant : au moyen d’Internet, la lecture à distance rendant de précieux services, il faut aussi pouvoir organiser ses téléchargements d’articles au format PDF. Pour cela, j’utilise (1) une application dont je parle ici même, Together 3, et je me sers (2) du lecteur de PDF Aperçu. Ne pouvant me résoudre à lire sans prendre de notes ou en prenant des notes manuscrites, j’utilise (3) Tinderbox, une application dédiée spécifiquement à la  prise de notes. Mais ces notes doivent prendre place dans le corps de ma thèse. J’utilise donc une application (4) qui facilite l’organisation linéaire des notes : Scrivener. Puis, j’exporte le corps de ma thèse dans un éditeur de texte Latex, TeXShop (5). À ce moment, il me faut imprimer ce que j’ai écrit (6) pour en faire la correction manuscrite (7). J’utilise alors à nouveau Scrivener (8) pour ajouter les corrections numériques correspondantes. Enfin, je précise dans Scrivener (9) les références des livres auxquelles je me rapporte et je les enregistre simultanément (10) dans Endnote et dans un fichier Texshop. C’est tout ?

FT

Une autre question pourrait être : peut-on faire (plus) simple ? Ou bien : y a-t-il des étapes dont on pourrait se dispenser ? En travaillant directement depuis un fichier Word et en ne prenant aucune note de lecture, oui. En utilisant le « finder » de l’ordinateur sans recourir à des applications de gestion de données, oui. En renonçant à utiliser un gestionnaire bibliographique, oui. Il est possible de se simplifier la tâche. Mais cette simplification a un coût : sans éditeur de texte comme Scrivener, comment organiser le corps de son document par fragments ? Sans prise de notes d’aucune sorte, que devient la mémoire des lectures ? Sans gestionnaire de bibliographie, à quelle utilisation ultérieure les références serviront-elles ? En consultant des bibliographies de thèses effectuées dans les années 70, on peut prendre la mesure de l’intérêt de cet investissement dans le numérique : tapées à la machine à écrire, ces bibliographies sont inutilisables en l’état. Cela signifie que leurs auteurs auront ultérieurement entré (ou non) manuellement des centaines de références. Sans même parler des innombrables cahiers dans lesquels auront été prises leurs notes de lecture.

Vous trouverez dans la section dédiée à des tutoriels animés quelques illustrations de l’utilisation que l’on peut faire des différentes applications dont je parle ci-dessus.

Taggé ?

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En images animées, une courte illustration de la manière dont Tinderbox 6 gère les métadonnées et, en particulier, les « tags », c’est-à-dire les mots-clés qui facilitent le travail de recherche dans des notes ou des notes de lectures. Sur la droite de l’interface, un menu déroulant de mots-clés apparaît. Sur la gauche, le même menu, mais associé à des notes auxquelles correspondent des mots-clés enregistrés au fil de mes lectures. Tout cela peut paraître très technique. Je vais donc prendre l’exemple suivant : imaginons que je cherche une note en rapport avec la notion d’imagination. Je ne me souviens pas précisément de l’ouvrage dans lequel j’ai rencontré cette notion. J’ai oublié le nom de son auteur. Je sais seulement qu’il était question d’imagination. Comment retrouver cette note parmi plusieurs centaines de notes ? Deux possibilités s’offrent à moi : sur simple requête au clavier (cmd + F), Tinderbox peut afficher l’ensemble des notes dans lesquelles apparaît cette notion. Mais je peux également consulter le menu déroulant de mots-clés en cherchant tout simplement à la lettre « i ». Dans tous les cas, cette nouvelle version de Tinderbox simplifie considérablement le travail de prise de notes et de recherche.

Together ?

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Together est une application informatique dont la fonction principale consiste à stocker et à organiser des données de toutes sortes, principalement des documents à archiver : pages web, articles en PDF, thèses, courriers électroniques, etc. Gratuite et populaire, Evernote remplit exactement les mêmes fonctions, version mobile en plus. J’ai longtemps hésité à acquérir Together : à vouloir exiger tout d’une seule application, on finit par ne plus voir même ses points forts. Puis, n’ayant pas été entièrement convaincu par un programme similaire qui possède néanmoins d’autres atouts, DevonThink Pro, j’ai pris le temps de la tester à nouveau sur une plus longue période.

Together

En dépit de quelques inconvénients mineurs (télécharger un script afin de pouvoir automatiser les téléchargements depuis mon navigateur), Together remplit magistralement ses fonctions, qu’il s’agisse de télécharger à la volée une page web ou d’assigner des étiquettes aux documents archivés. Même si je me sers de Tinderbox pour prendre des notes de toutes sortes, Together peut aussi remplir cette fonction, en proposant une touche d’entrée rapide qui facilite la prise de notes « on the fly » (à la volée). De tous les gestionnaires de documents, Together est de loin celui qui s’acquitte le mieux de cette tâche. C’est une belle réussite.

Nouvelle navigation ?

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Tinderbox est une application de de prise de notes que j’utilise au quotidien. J’en parle régulièrement ici tant son usage a modifié mes habitudes de travail. Il y a peu, Mark Bernstein qui a conçu cette application, a modifié de fond en comble l’interface graphique de Tinderbox. Avant Tinderbox 6, l’application proposait plusieurs vues du même document, c’est-à-dire plusieurs environnements numériques de travail. Par exemple, il était possible de visualiser un texte simultanément sous la forme d’une « map » ou d’un plan linéaire.

tbx

Avec Tinderbox 6, cette possibilité existe toujours. Mais l’interface centralise désormais le cœur de ses informations sur une seule fenêtre et propose une navigation par onglets en lieu et place d’une multitude de fenêtres.

cap1

Ci-dessus, une capture d’écran sur laquelle apparaît l’interface d’un dossier que je consacre à mes notes de lectures. À gauche, mes notes sont ordonnées linéairement, par titre, au fur et à mesure de ma lecture. À droite, le texte de chaque note : commentaires, pagination, impressions, etc. Enfin, en haut à droite, une liste de métadonnées qui facilitent la recherche par mots-clés.

Magique ?

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Tinderbox est une application dont je me sers principalement pour prendre des notes de lectures. J’en ai parlé à de nombreuses reprises dans la section de ce blog dédiée aux outils pour écrire. Dans le cadre d’une thèse, la prise de notes de toutes sortes (idées, associations, lectures, etc.) devient vite un casse-tête quand les notes s’accumulent de tous côtés, dans des cahiers ou sur des feuilles volantes et que leur tri prend finalement plus de temps que leur réécriture. L’enregistrement numérique de ces notes présente donc un avantage évident, celui de pouvoir retrouver une note, une idée, un lien sans avoir à parcourir des cahiers ou des fiches. Or, Tinderbox s’acquitte à merveille de cette tâche. Dans sa nouvelle version, la sixième, Tinderbox voit son interface entièrement redessinée. Ce qu’il faisait jusqu’à présent, il le fait tout autant, mais mieux : plus rapidement, plus joliment. Une idée de cette magie en images animées : dans ce fichier dédié à des notes de lectures, je lance une requête au moyen de la commande cmd + F et tape un mot dans la fenêtre de dialogue, le mot « expérience ». En un quart de seconde, l’application affiche l’ensemble des notes dont l’étiquette (« tag » en anglais) comporte le mot « expérience ». Magique ?

C’est dans la boîte ?

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J’ai déjà indiqué à plusieurs reprises quel usage je fais de certaines applications Mac qui me sont devenues indispensables dans mon flux de travail. J’utilise depuis peu une application que je connaissais, mais que je n’avais pas encore testée suffisamment longtemps pour prendre toute la mesure de ses possibilités. Devonthink pro est un logiciel dont la fonction principale consiste à stocker toutes sortes de données (textes, images, emails, ressources web, etc.) pour les classer ensuite dans des dossiers et dans des sous-dossiers auxquels il est possible d’affecter des « tags », des étiquettes qui facilitent la recherche de données (voir la capture d’écran ci-dessous).

 

inbox

 

Ce logiciel applique en effet une règle bien connue des GTDistes (comprenez : celles et ceux qui pratiquent la méthode GTD ou « getting things done » élaborée par l’américain David Allen) : cette règle consiste à déposer des idées ou des listes de tâches « en vrac », quelque part dans ce que l’on appelle habituellement une « boîte de réception » (ou « inbox ») au moment même où l’on est occupé ailleurs, à une autre tâche (lire, par exemple). Cette boîte de réception peut être physique (un classeur, par exemple). Dans le cas que j’invoque, il s’agit évidemment d’une boîte de réception numérique. Par rapport au support physique, la réception numérique présente de nombreux avantages. Mais ce qui retient le plus mon attention dans cette application, c’est l’usage que l’on peut faire de sa fonction d’entrée rapide. DevonThink pro me permet en effet de « capturer » rapidement une idée ou des données « à la volée » sans avoir à les classer d’emblée dans des dossiers. Tinderbox présente des fonctions de recherche assez similaires à celles de Devonthink, mais ne dispose pas d’entrée rapide. C’est la raison pour laquelle je l’utilise non pour collecter des données « on the fly » (« à la volée »), mais pour élaborer des données que je recueille avec Devonthink. (…) Toutes ces considérations sont très techniques. Elles peuvent produire l’impression qu’il ne s’agit là que de trucs de « geeks ». En réalité, dans un flux de travail où ce sont plusieurs applications qui contribuent, chacune à sa manière, à organiser de l’information, cette solution logicielle est précieuse. Je la comparerais volontiers à la clef de voûte que l’on ajuste sur un édifice. Ci-contre, en une carte heuristique, une idée de ce flux de travail.

 

Flux de travail

 

Tu as un plan ?

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J’avais réalisé l’an dernier, à titre préparatoire, un projet d’exposition pour l’atelier Histoires de vie. Les participant(e)s de l’atelier présent(e)s ce jour-là se souviennent sans doute de ce moment de réflexion et de concertation autour du projet qui nous a animé(e)s cette année et qui verra le jour en juin prochain. L’idée était d’esquisser le plan d’une exposition de manière à en faciliter ultérieurement l’installation. À cet effet, j’avais préparé un avant-projet en utilisant la fonction « map » (carte) de Tinderbox. Cette application permet en effet de travailler simultanément en mode linéaire (« outline ») et en mode graphique et visuel (« map »). Sur l’image ci-dessous, les formes géométriques de couleurs symbolisent des objets dans un espace dédié à une exposition. Ils ne sont cependant pas seulement des formes. Ils peuvent également contenir à leur tour d’autres formes, donc d’autres espaces, mais aussi d’autres notes de toutes sortes. Chaque forme est donc active, au sens numérique du mot : c’est une métadonnée. Pour l’anecdote, le projet initial de cette exposition s’intitulait provisoirement « Cartons past », en référence au support utilisé pour les productions de l’atelier. J’en dirai plus ultérieurement.

 

 

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Faire simple ?

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Le choix de travailler avec un éditeur Latex plutôt qu’avec un traitement de texte classique comme Word pour rédiger sa thèse ne va pas sans difficultés lorsqu’il s’agit de prendre en main la partie dédiée à la bibliographie. Quand on dispose d’un logiciel de bibliographie comme Endnote ou Bookends et qu’on travaille de concert avec Word, une simple requête suffit à construire sa bibliographie. Mais avec Texshop, un éditeur de texte en Latex, l’affaire s’étoffe. Endnote dispose d’une fonction d’export des bases de données. On pourrait donc penser qu’il suffit d’exporter sa base au format Bibtex, le format reconnu par Latex, pour que Texshop reconnaisse automatiquement les références de la base. Le processus est en fait plus complexe qu’il n’y paraît. Je ne suis pas encore parvenu, par exemple, à modifier la section d’Endnote intitulée « Original Publication ». Or, pour que cette section, requise par la norme APA, soit reconnue par Latex, il est nécessaire de l’intituler « originalyear ». Il faut donc intervenir manuellement dans le fichier exporté par Endnote et modifier certains caractères par lot ou à l’unité en ajoutant des accolades ici et là pour respecter les majuscules : Jules Lagneau et Winnicott, par exemple, sont des noms propres. Ils ont donc droit aux majuscules. Aïe aïe aïe !

En images animées, une petite idée de la complexité de ce flux de travail : travaillant sur l’organisation du texte de ma thèse avec Scrivener, un logiciel dédié aux travaux d’écriture complexes, je dois d’abord exporter mon fichier Scrivener dans Texshop. Puis, je dois exporter ma base de données, lui apporter des modifications manuelles et lancer le processus de composition finale afin de faire reconnaître les entrées bibliographiques par Texshop. Au total, ce flux de travail ne mobilise donc pas moins de 5 applications : Tinderbox (notes de lecture), Scrivener (organisation du plan linéaire), Endnote (références bibliographiques), Textedit (exportation de la base de données), Texshop (impression finale). Si j’ajoute à ce flux de travail l’application dont je parlais il y a peu, Omnifocus, qui me permet de prendre des idées à la volée, ce sont en permanence 6 applications qui occupent ce workflow. Par comparaison, si j’utilisais Word, mon flux de travail se ramènerait à gérer deux ou trois applications. Mais pourquoi faire simple ?

Déposer ses idées ?

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En une courte séquence d’images animées, une illustration de ce workflow que j’évoquais il y a peu. Je vous en dis deux mots. Lorsque je travaille à prendre des notes de lecture avec Tinderbox, il arrive fréquemment que me vienne à l’esprit une idée. Ce peut être la pensée que je dois faire telle ou telle chose dans la journée : par exemple, enregistrer dans un logiciel de bibliographie les références d’un article que j’ai lu. Dans ce cas, puisque je souhaite me souvenir de cette tâche, le mieux est encore de la déposer quelque part. Un simple cahier pourrait donc faire l’affaire. Mais à l’heure du tout numérique, il existe des applications informatiques qui facilitent ce type de tâches. L’une d’entre elles s’appelle Omnifocus. Il s’agit d’un gestionnaire de tâches et de projets comme il en existe beaucoup, mais qui possède une interface et des fonctions plutôt confortables pour l’usage que j’en ai. Lorsque, lisant un texte et prenant des notes au moyen de Tinderbox, il me vient une idée, je dépose celle-ci dans une boîte dite de « réception » et je n’y pense plus jusqu’au moment où je me charge de lui donner un destin en la transformant en action. La commande qui permet cette opération est assez simple : cmd + barre d’espace. Sur cette simple requête, l’idée est déposée, oubliée, différée temporairement. Cette manière de procéder n’est pas sans faire écho à ce que disait Pascal dans un fragment des Pensées lorsqu’il affirmait que le hasard fait émerger des pensées à notre insu et que l’art de conserver celles-ci nous fait défaut. L’informatique remédie en partie à cela. Elle offre à notre esprit un prolongement immatériel plutôt commode dans un workflow complexe. À l’arrière-plan de cette boîte de réception, une « map » réalisée avec Tinderbox et consacrée à des notes de lecture au sujet de l’ouvrage de Sophie de Mijolla-Mellor, Le plaisir de pensée.